mardi 11 mars 2014

Les étrangers sur scène!


Kalamandalam c'est aussi un endroit où des artistes du monde entier viennent à la rencontre de ces arts traditionnels. Et de temps en temps, après avoir bien tappé du pied dans un kalari, l'effort paye.
La personne a alors l'opportunité de présenter son travail face au public kéralais. Même si les possibilitées de présentations sont beaucoup plus limités pour les étrangers, tout cela dépend du maître a-titré et de sa réputation.


On a apprécié regarder notre colocataire argentine danser merveilleusement un solo de mohini attam, une danse dévotionelle, traditionelle du Kérala.


Shankar, un étudiant venant du Sri Lanka est souvent amené à danser sa danse traditionnelle dans certains temples.



Quand on dit que le ridicule ne tue pas, c'est vrais. On prenait quelques cours de chant carnatique et à quelques jours de notre départ, nous avons eu la surprise d'apprendre que nous allions chanter en public. En public, ok, mais il faut savoir que le public concerné était composé pour sa majorité de personnes entre 12 et 17ans... C'était en effet pour la fête de l'école et ces ados était plus que surexcité! On a quand même fait pêté le sari, mieux vaut aller completement dans l'auto-dérision!

Pas si evident que ça à mettre et juste insupportable à garder toute une journée sur soi! On a vraiment du mal à comprendre les femmes indiennes!!!!



Et enfin, un magnifique duo de Kathakali, interprété par laurene (une française qui étudie à Kalamandalam depuis 3ans) et celui qu'elle considère comme son petit frêre, Shankar (un Sri lankais qui est arrivé en même temps qu'elle). Outre que partager leur quotidien, ils ont réalisés un travail magnifique sur un passage du Mahabarata qui raconte les retrouvailles entre deux frêres (Hanuman le dieux singe et Bhimasena).








L'expérience d'une nuit de Theyyam



Le Kérala est extrèment riche au niveau de son patrimoine culturel. 
Nous vous avons beaucoup parler de Kathakali car c'est ce que nous avons decidé d'étudier plus en profondeur. Mais nombre de danses, de formes artistiques et de rituels s'épanouissent et se jouent chaque jour dans les temples du sud de l'inde. Une de ses formes nous a beaucoup marqué et nous avons decidé d'en consacrer un article : le Theyyam, un des plus anciens arts rituels kéralais. Il remonterait à une periode ayant précédée l'hindouisme (d'où ce côté "fête païenne", sans doute) où il servait à célébrer la fin des moussons.







Brievement, qu'est ce que c'est? (question assez compliqué dont la reponse est faite à base de nos observations et des quelques informations que l'on a pu glâner dans l'audience)

Comme la plus part de nos expériences spectaculaires dans le kérala, on se retrouve telle une page blanche face à un monde de culture et d'histoires. Notre regard de non-initié explore ce vaste territoire artistique, avec pour seul compagnon notre imagination et notre soif de curiosité.












Ce que l'on peut dire c'est que ce n'est ni du théâtre ( si l'on considère que le théâtre a pour vocation de raconter une histoire) et ni de la danse (de même, si l'on considère que la danse nait d'une chorégraphie).

C'est un rituel complexe, qui se déroule la nuit jusqu'en milieu de journée. Des "performer" se succèdent dans des costumes toujours plus lourd, toujours plus impressionnant.



Appuyés par la musique hypnotique des percussion, par quelques pas de danse frénétiques et par des prières et des offrandres au dieux, ils doivent rentrer en transe (il nous est difficile d'utiliser ce mot qui renvoit à tant de conotations particulières mais c'est le mot qui nous a été donné) afin de rentrer en contact avec les esprits du divin. Une fois l'effet escompté, ils bénissent l'audience, récitent des mantras, répondent aux questions des dévots. 


Ce qui nous a beaucoup intérressé c'est de voir se détacher à chaque performance, des personnages differents, avec un caractère et une utilité différente. Notre préféré, celui que l'on a appellé "l'agitateur".





 Celui-ci ne s'arrête pas de la nuit. Lorsqu'il entre tout le monde se met à lui courrir après avec des torches enflammées. Il saute partout, renverse tout sur son passage. Il sert de distraction pendant des intermèdes souvent très long, il permet à l'audience de ne pas s'endormir, il est très apprécié des enfants.




On y a vu un personnage à caractère follement clownesque. Sans doute il porte la couronne la plus légère, mais il apparait au alentour de 4h du mat, et il ne se repose pas un moment, à midi il tente d'être toujours aussi dynamique (on nous a dit par la suite que ce rituel pour les participants était très souvent accompagné de boissons alcoolisés et de produits illicites...).





La première fois que l'on a entendu parlé de cette étrange forme artistique qui amène à la transe, cela nous a tout de suite beaucoup intrigué. Les chatons n'hésitant pas plus longtemps et ont décidés de se rendre à Kannur (dans le nord du Kerala, bastillon important de cette tradition). Nous montons dans le train avec un autre couple de chat bien sympa. De bouche à oreille, on a réussit à recueillir quelques adresses de temples, où la performance doit se dérouler.

Après multes péripéties, nous arrivons vers 4h du matin dans un tout petit temple dédié à Shiva. 

Comme d'habitude, on est les seuls blanc, l'assemblée est assez surprise et enthousiaste de nous voir débarquer içi. On passera un moment très conviviale avec eux. Certains étant même un peu trop collant à notre goût.













Les performances s'enchaînent et le public va et vient. Pour le personnage que l'on a appellé "celle qui a le feu au fesse", la foule est plus qu'au rendez-vous, rassemblée autour du feu. 



Croulant de fatigue et étouffé par la chaleur environnante, nous décidons de mettre un terme à cette expérience. Il est déja midi (cela fait environ 8h que l'on regarde des scènes qui nous paraissent, avec la fatigue, de plus en plus absurde). "Quel domage!", nous disent les personnes autour de nous, "vous allez manquer le costume avec la couronne de 12m de haut!" 
Ok, on a sans doute manqué le clou du spectacle, mais il en valait pour notre survie mental!!!


On vous laisse apprécier les photos qui on était prise pour la plus part par Clotilde, notre copine chat... (les chatons faisant leur paresseux ce jours là...)











lundi 10 mars 2014

Pooram, c'est la fête au village!


Qu'est-ce que Pooram ? Il s'agit d'une tradition Keralaise, originaire de la ville de Thrissur. Chaque année, les temples locaux rassemblent des dizaines d'éléphants, les décorent de magnifiques ornements dorés et les font défiler dans la ville. C'est à la fois un rite religieux, car les elephants servent de vehicule à la divinité du temple, mais c'est aussi une competition d'esthétisme car les differentes paroisses sont par la suite notées pour la qualité des décorations. 




Aujourd'hui, la moindre petite ville du Kerala veut son Pooram à elle. Mais le plus gros reste celui de Thrissur, aussi appelé "le Pooram de tout les pooram", il rassemble aujourd'hui près d'une centaine d'elephants et des milliers de spectateurs. Il s'agit du plus gros rassemblement d'elephant au monde. 



Celui de notre village, plus modeste, comptait 26 elephants. L'organisation n'en restait pas moins phénomenal. Ces gentils pachidermes viennent d'un peu partout du Kerala, beaucoup portés sur des camions. (on ne vous parlera pas de la manière atroce dont ils sont traités, Brigitte Bardot a bien du souci à se faire... Gros paradoxe pour un animal si vénéré...)



Si les éléphants reclament pas moins de 300 kilos de nouriture par jour, il en est de même pour le Keralais en jour de fête. Car Pooram est avant tout un jour de celebration, on invite les amis à manger à la maison, les hommes trinquent dans les coins, les femmes sortent leur plus beaux saris...


Pour notre part, on s'est retrouvé invités dans plusieurs maisons où l'acceuil était plus que chaleureux. On a très bien mangé, se régalant d'un délicieux boeuf-biryani (et oui certaines familles mangent du boeuf), avant d'allez se jeter au coeur de la foule.







Pour ce jour de fete, le village est en pleine hysterie. Toute la region se deplace pour celebrer l'evenement. Des "vendeurs de rien" montent leurs petits étalages, et des centaines et des centaines de gens se pressent pour regarder le défilé. Il n'y a pas seulement des éléphants. Bien entendu comme dans tout évenement kéralais, des groupes de percutionistes escortent le cortège, mais aussi des danseurs superbement costumés, des dévots du temples... Et d'innombrables representant de formes traditionnelles occultes, qui nous depassent un peu.





Tout cela dure plus de 24h, laissant à la fin le village sans dessus-dessous. La journée tout est bonne enfant, mais passé une certaine heure ça devient un peu dangeureux. Une fois les familles rentrées à la maison, il ne reste qu'une masse d'hommes ivres qui deviennent vite moins sympa. On nous a raconté quelques evenements pas très charmants, un peu comme dans nos fetes de village a nous finalement...